Le trail des Truffières – En VO : Lo tralh de las Trufièras

afficheDimanche 12 mars 2017 : Cela faisait une quarantaine de jours, depuis la Ronde Givrée pour être exact, que je n’avais pas accroché un dossard. Me voici maintenant à deux petites semaines de l’UTBCN et son 100km, l’heure est donc à une sortie longue à allure (souhaitée, espérée…) ultra. Mais v’là-t’y pas que du côté de Trassanel, autant dire sur les terres de mon enfance/adolescence, Julien, Benoît et toute une troupe de bénévoles organisent la première édition du trail des truffières. Un petit 28km et 1500 de D+ c’est juste parfait pour travailler, à condition bien sur de ne pas s’enflammer et de respecter le contrat : Allure ultra tu resteras, sinon à l’UTBCN tu ramasseras. Et puis il y a aussi un 10km ce qui permet a une bonne partie du groupe de courir sur Trassanel ce jour là. Nous voilà donc, Marsou, Philippe, Fabrice, Arthur et moi en route pour le 28km et sur le 10, Isa, Laurent, Marine, Karine et Claire sont dans la place !
6h15 nous décollons donc de Carcassonne en direction des contreforts de la Montagne Noire, ça pique un peu, le temps est incertains, la pluie est même annoncée, et arrivé sur place fait pas très chaud, mais bon il en faut un peu plus pour nous entamer le moral et c’est gaiement que nous filons, une fois garé, vers la salle de retrait des dossards.

promeneurLe monde commence peu à peu à arriver dans ce petit village de 32 âmes et nous retrouvons pas mal de potos. Cela me manquait cette ambiance, mais l’emploi du temps de ces 40 derniers jours avait été compliqué à gérer et puis vis à vis de Barcelone je ne pouvais pas faire tout et n’importe quoi. Du coup j’apprécie encore plus cette phase d’avant course, à se raconter un peu les objectifs, les dernières courses, bref c’est tout en devisant et après un échauffement un peu bâclé (pas bien !) que nous nous dirigeons vers la zone de départ. Nous sommes environ 120 ce qui pour une première édition sur un format assez sélectif est une réussite (il seront aussi 120 sur le 10km). Juste avant le départ la température est monté d’un cran et au dernier moment je décide de ranger ma veste Storm dans le camel et de partir en short et tee shirt. Côté équipement je pars avec le sac assez chargé, histoire de simuler au mieux les futures conditions de courses, ainsi qu’avec les bâtons que je prend à Barcelone. Marcelin s’est placé aux avant-postes, je sais déjà qu’il ne respectera pas la consigne d’allure, mais il a la capacité à récupérer rapidement, Fabrice, Arthur, Philippe et moi nous plaçons un peu en retrait. Bim ! Un coup de fusil donne le départ et la course est lancée. Devant c’est parti assez fort et je dois dire qu’il m’est difficile de rester dans le paquet, bah allez je place quand même une ou deux accélérations histoire de ne pas non plus être enfermé et je me met en mode tracteur.

grotteAprès un faux plat montant sur une piste, très rapidement l’étau se referme, enfin le chemin devient sentier pour finir en monotrace, et nous voici à peine 800 mètres après le départ dans le vif du sujet, une belle descente caillouteuse et pentue suivie de très près part un beau raidillon long de plusieurs hectomètres, le ton est donné. Au passage nous longeons la grotte des maquisards, lieu où 15 résistants furent fusillés le 8 août 1944. Et là tu savoures un peu ton époque en pensant à ces héros qui ont traversé cette période alors que toi tu passes par là en mode course à pied. Philippe à un peu pris les devants, mais au sommet du raidillon, Arthur est revenu sur moi et c’est ensemble que nous descendons vers le gouffre. Pas mal de cailloux sur cette portion mais une descente peu technique sur laquelle je dois me brider pour ne pas envoyer la purée et rompre le contrat. D’un autre côté cela me permet de voir des coins à asperges sauvages, je ne vous ai rien dit mais cette portion en comporte plein.

GouffreVoilà maintenant environ 4km que nous trottons et nous arrivons à l’entrée du gouffre de Cabrespine, on nous fait rentrer, nous réduisons encore un peu l’allure histoire de ne pas glisser sur le sol humide, les yeux s’adaptent rapidement à la différence de luminosité et là, spectacle grandiose, entouré de stalactites et de stalagmites, parsemé d’aragonite, le gouffre et ses 80 mètres de large pour 250 mètres de profondeur s’offre à nous. Obligé de marquer la pause et de mesurer combien on est petit face à la nature. Le passage se faisant en file indienne, nous ne pouvons malheureusement pas trop trainer dedans mais le détour valait le coup d’oeil. Une fois à l’extérieur, les yeux peinent un peu à s’accoutumer à la lumière du jour et nous prenons la direction du pas de Montserrat. Connaissant bien le coin et ayant étudié un peu le parcours je suis surpris par la faible distance qui nous en sépare. Sur l’instant je me dis qu’il doit y avoir une erreur, mais non en fait les 1400 prochains mètres seront ornés par un peu plus de 300m de D+ soit si vous comptez bien un petit 22% de pente bien bien raide ! Yahouuuuu … Pour le coup même en me disant que je monte tranquille ben je suis fatalement obligé de filer dré dans l’pentu et là de toute façon bah ça pique au niveau des quadris.

tracePeu avant d’attaquer Le Pas de Montserrat, nous retrouvons Philippe et le duo formé avec Arthur devient trio. j’ai beau connaître ce passage là par coeur, le Pas de Montserrat est toujours aussi magique. Balayé par un vent que je qualifierai de vivifiant sur le moment il laisse apparaître de remarquables traces de roues de charrettes imprimées dans la roche calcaire. A l’époque cette voie romaine fut utilisée pour acheminer les pains de glace de Pradelles vers la plaine. De sacrés gaillards en somme… On est bien peu de chose avec nos trails ! Nous rejoignons alors à bonne allure les éoliennes qui dominent Pradelles. C’est à ce moment que Claude nous double pour aller prendre la première place chez les féminine qu’elle tiendra jusqu’à l’arrivée. Comme le dit un vieux proverbe audois, quand t’es tout en haut, t’as plus qu’à descendre ! Et pour le coup l’orga du trail nous a trouvé 4 kilomètres à plus de 15% avec de jolis passages. Là encore il faut se contenter de voir certains faire les cabris, mais cette partie là était tentante, va falloir revenir ! C’est quand même à un bon tempo que nous dévalons cette portion avec de nombreux sauts de ruisseaux et de superbes passages en sous bois et que nous rallions le village de Cabrespine. Un petit arrêt au ravito pour déguster des toasts au beurre truffé, même si ces derniers auraient mérité un petit coup de rouge (avec modération, c’est qui ça modération ?), ils seront arrosés par un verre de coca. Sorti du village et comme le veut un autre vieux proverbe audois, quand t’es en bas, t’as plus qu’à monter. Et c’est tout d’abord sur un sentier bordant les truffières que nous entamons une ascension certes moins sélective mais suffisamment raide pour nous mettre régulièrement en mode marche histoire de ne pas s’entamer. Il commence à faire chaud surtout à l’abri du vent, et les derniers mètres de l’ascension commencent malgré tout à laisser quelques traces. Heureusement une descente en pente douce se profile à l’horizon et nous permet de rapidement nous refaire la cerise… Mais Arthur, surement à cause de sa musculature digne d’un gladiateur, commence à avoir quelques crampes et à l’amorce d’un mûr long d’une centaine de mètre il lâche prise victime d’un point de côté en parallèle de ses crampes… RIP Arthur !

rivièreAvec Philippe, qui est un cran au dessus, nous décidons de continuer chacun à notre tempo. Il prend un peu le large et je chausse alors mes écouteurs. Pendant la longue descente vers Villeneuve, dans la magnifique garrigue bordant le village, je laisse aller mes pensées tout en contrôlant les guiboles qui auraient là encore tendance à s’emballer. Je me projette alors dans l’UTBCN en me disant qu’au lieu des 6 kilomètres manquant, dans 15 jours il en restera 67… ça calme un peu les ardeurs et je retrouve alors une certaine humilité face à cette future distance que les dernières courses rapides m’ont un peu fait oublier depuis l’ultra Pirineu. Chemin faisant me voici à Villeneuve Minervois et là au ravito je retrouve Philippe, un peu de beurre truffé, un coca, et hop direction Trassanel, en route pour 6km de sentiers grimpant et serpentant dans la garrigue.

paysagesJe m’attendais à un final certes grimpant mais dans le genre pente douce, mais c’était mal connaître les organisateurs qui nous réservaient encore de belles surprises, un petit passage dans un ruisseau par ci, la grimpette d’un mûr d’une 15aine de mètres quasi vertical, des singles joueurs avec des coudes à droite et à gauche incessants… Bref que du bon trail comme on l’aime ! Durant cette portion j’ai eu beaucoup de phases de marche et pour tout dire je sentais que malgré toute la gestion précédente il le fallait. Ce serait passé pour rallier l’arrivée en mode carpette mais qu’en aurait-il été avec 70km de plus. Du coup sagesse et plaisir des yeux (là aussi j’ai trouvé plein d’autres coins à asperges sauvages) furent les maîtres mots de la fin de ce trail. Peu à peu l’arche d’arrivée se profile et voilà que fatalement je la franchi et met, en 3h50, un point à ce superbe parcours, parcours balisé de main de maître avec des bénévoles aux petits oignons, comme le dit le « bouquin » merci pour ce moment ! C’était juste génial et j’en ai pris plein les yeux, et un peu sur les cuissots aussi ! Et je pense que ce petit morceau de garrigue et d’histoire intégré dans la prépa va nous être très utile dans 15 jours.

cabrespineJuste derrière l’arche je retrouve Isa, elle a fait une très belle course sur le 10 puisqu’elle prend la 2ème place ! Laurent est lui 17ème, Claire 69ème et 1ère junior, Marine 71ème et Karine 109ème, que du bon… Et sur le 28 alors ? Bah Marsou nous signe un podium en prenant la 3ème place, Philippe 32ème, de mon côté 42ème, Arthur et ses crampes 71ème, et Fabrice 82ème, consigne respecté pour tous sauf Marsou mais bon il est largement pardonné.
Pendant ce temps là du côté de Blagnac, Jean-Michel dans le cadre de sa prépa au marathon de Paris prenait part au semi marathon, là aussi parfaitement accompli.
Et enfin, cerise sur le gâteau, Alima en gagnant au scratch le Trail de Saumur, support des championnats de France militaire de trail, devient championne de France militaire de Trail !

Maintenant on allège doucement pendant 12 jours en direction du pic de forme !

To Be Continued …

Crédits photos : Julien, Benoît et DR

Benoît

Commentaires

commentaire(s)