Gruissan Phoebus Trail – 50km ou presque…

Dimanche 18 février 2018 : 5 heures du mat, le réveil sonne, et, pour la première fois en 15 jours, la fatigue, liée à la grippe de la semaine dernière qui s’est portée sur les sinus en début de semaine, semble s’être bien atténuée. Bon ok j’ai encore quelques quintes de toux au lever et les sinus « un peu » pris, mais c’est plutôt pas mal. J’ai longtemps hésité ces deux dernières semaines avant de me lancer sur le 50km du Gruissan Phoebus Trail, aussitôt le dernier stage de trail terminé j’ai passé 6 jours en état grippal avec tout ce qui va bien, j’ai continué à aller bosser et à aller au stade ce qui évidemment a ralentit considérablement mon rétablissement et a même souvent fait empirer l’état de forme. Bon cela étant dit, la veille de la course j’ai pu me reposer correctement, le réveil n’est pas si mal que ça donc feu !!! 6h15 je prends la route direction Gruissan. Sur place je retrouve une bonne partie du groupe d’entrainement Team PapyCoach qui vont s’élancer pour la plupart sur le 25km, seuls, Julien, Gilles, Greg et moi avons pris l’option 50km. Le dossard retiré, le temps de croiser quelques athlètes et de papoter un peu, je file au chaud dans la voiture attendre que le départ du 25km s’annonce. C’est qu’il caille quand même pas mal, le vent, pourtant quasi absent sur le carcassonnais, doit souffler à 80km/h et la fraicheur matinale s’en trouve du coup accentuée. J’enfile une veste thermique et une veste coupe vent avant de me rendre sur la zone de départ.

Les copains du 25km sont partis s’échauffer et c’est tranquillement que je prends le chemin de la zone de départ située devant le casino (pas le supermarché). Chemin faisant je rencontre de-ci de-là bon nombre de visages connus tous un peu surpris par le vent glacial. 8h30 les fauves sont lâchés sur le 25km, dans 30′ ce sera à nous. Quelques foulées pour essayer de monter un peu en température, quelques photos avec les copains, quelques saluts à droite et à gauche et hop, v’là ti pas que la demi-heure est passée sans crier gare. Je range alors la veste coupe vent dans le camel et décide de partir avec la thermique sur moi. Pour l’instant tout va bien, la grippe semble être un lointain souvenir bref ça va le faire si je reste prudent et que je tiens compte à la fois de la fatigue accumulée et du manque d’entrainement lié à la maladie. BIM le maire de Gruissan lâche un coup de pétard et c’est parti !!! Et devant ça part plutôt fort en aspirant derrière un large peloton. Histoire de ne pas me faire embarquer je jette de rapides coup d’oeil au GPS et l’allure indiquée me convient tout à fait, certains sont partis comme des balles sur les deux kilomètres de plat bitumé qui lancent le trail. Là encore c’est parfait, ce petit footing d’entrée en matière me réchauffe tout doucement, tant et si bien que je me demande si je ne vais pas rapidement enlever ma veste. Au pied du coupe feu (un petit 400 mètres de grimpette à plus de 20%) la décision est prise, je me cale à la marche, enlève le camel, tombe la veste, la bourre dedans, remets le camel et hop essaie de trottiner au milieu de certains qui semblent déjà être à bout de souffle sur cette première difficulté. Arrivé au sommet une petite quinte de toux, liée certainement à des inspirations plus profondes, me rappelle un peu à l’ordre.

Mais ça passe très vite et le petit replat qui vient à moi me permet de dérouler tranquillou et de retrouver une certaine aisance respiratoire. Dans la descente je reprends pas mal de monde et, dès que je suis un peu isolé me vide un peu les sinus en mode cochonou. Malgré la caillasse omniprésente les appuis sont tops, ils sont dynamiques et précis. Dès que le terrain le permets je place de petites accélérations pour effectuer des dépassements, bref tout va bien, à ce moment là je me dis que je vais passer une bonne course. Nous sommes à l’abri du vent, je joue à Pacman en remontant des coureurs et ce ne sont pas mes sinus que je vide maintenant de manière très régulière, ni ces petits toussotements qui eux aussi se produisent un peu plus souvent qui vont me gêner. Vers le 6ème kilomètres j’entame une nouvelle grimpette, devant ça se met à la marche et ça ne me va pas, j’ai largement les cannes pour le grimper sans m’entamer pour la suite, du coup je profite de certains élargissements de la chaussée pour placer quelques accélérations. A plusieurs reprise je tousse de manière plus profonde et comment dire… Un peu plus grasse (c’est un peu dégueu hein ?). Les bronches s’en trouvent irritées, mais deuxième effet Kisscool je perds mon cycle respiratoire et peine à le retrouver. Je décide donc de terminer l’ascension en mode queue leu-leu derrière mes copains du moment.

A la bascule, j’ai les dents qui commencent à pousser, enfin bon, c’est une image, l’impression que chacun de mes appuis envoient un signal gingival, j’entame la descente prudemment et peu à peu les diverses inflammations s’étiolent. Du coup bah, j’appuie un peu et me fait vraiment plaisir à la fois sur les sensations mais également sur les paysages. Même si je reste vigilant sur les cailloux qui peuvent t’attaquer les godasses à tout bout de champ, je passe un super moment. Du 10ème au 16ème kilomètre c’est une alternance de mini bosses et de mini descentes le tout sous les pins du massif de la clape, quelques passages dans les vignes, un peu de vent mais sans plus, bref c’est beau. Cependant, malgré une bonne aisance sur ces petites grimpettes, les poumons me rappellent à l’ordre, je racle à chaque fois plus profondément et la trachée est à chaque fois un peu plus irritée. les sinus eux n’en finissent pas de se vider, les sensations d’ordre physiologique et psychologiques s’en trouvent altérée.

Les 6 kilomètres suivants vont être pire, la pente se fait plus raide et le sentier plus technique. Le dénivelé qui augmente rapproche mes quintes de toux, toutes les 2′ ça se déclenche, et de manière plus intense à chaque fois, je me vois contraint de marcher plus régulièrement afin d’apaiser tout ceci et pour éviter d’engorger les muscles qui se retrouvent bien souvent privé d’oxygène. Mes bronches me brulent, le souffle est volontairement court car ce sont les inspirations profondes qui me procurent les plus gros « toussements ». Et cerise sur le gâteau je me vois contraint de visser mon regard au sol histoire de ne pas me rayer la carrosserie contre la caillasse. 22ème kil, j’en ai plein les bottes, ça brule, ça coule, j’ai la tête en skaï et les dents qui poussent, même les pommettes sont douloureuses. Je commence alors à gamberger sur le replat technique qui arrive. Le ravito arrive dans 5km, que faire ? Maintenant que ce soit, plat, descendant ou montant je tousse de plus en plus, je compte les cailloux au sol et ne profite même plus du paysage, je commence à penser à mettre le cligno au ravito, tout en me l’interdisant.

C’est frustrant de sentir que l’on a les guiboles qui répondent présentes mais pas le reste. Enfin j’entrevoie le ravito, que faire ? je refais le plein de mes gourdes que j’avais décimées durant ces 28km, je mange un bout de banane, enfourne une barre, et je tousse… 10′ passent ainsi, je ne sais que faire, 12h15 je me décide à appeler Isa pour avoir son avis, ça ne répond pas, du coup je me dirige vers une bénévole et lui tends mon dossard, la trachée et les poumons sont en feu, le fait de m’être arrêté déclenche de bonnes quintes. Je lui demande où se situe la navette retour, elle me demande si ça va, je dois avoir la mine décomposée et la mort dans l’âme à voir son regard remplie d’empathie. Je file dans la camionnette et attend que la navette se remplisse un peu plus. Les minutes passent et les émotions sont diverses, à la fois soulagé, mais surtout triste de bâcher sur une course, sans avoir pu batailler, sans avoir eu envie d’en découdre sur la fin. Les cannes étaient là mais pas le reste, je signe donc mon premier abandon en course à pied, toutes distances confondues. Peu à peu la camionnette se remplie, les mines sont aussi déconfites que la mienne, certains étaient eux aussi malades, d’autres ont chuté, certains ont crampés, mais au final nous voilà tous dans le même corbillard qui doit nous ramener sur l’aire d’arrivée. Le camion démarre et le téléphone sonne, c’est Emilien qui m’appelle depuis Dun en Ariège où il a signé une belle victoire sur le trail du Maquis. Me voilà à présent un peu rebousté, sa réussite et surtout sa joie effacent petit à petit ma déconvenue. Puis c’est Isa qui m’appelle, je lui raconte un peu peiné et vide un peu mon sac sur ma course, là aussi ça efface un peu le chagrin qui point en moi.

Me voilà maintenant devant le palais des congrès de Gruissan, un petit salut à mes camarades d’infortune, et je file à la voiture me couvrir. Benjamin en a déjà conclu avec la course et l’a remporté de belle manière, reste à attendre les copains. Ceux du 25 ont tous filé, il reste ceux du 50, mais quand ? Après une 20aine de minutes j’aperçois Francky au sprint je fonce le voir après le sas d’arrivée, il passe la ligne et qui vois-je derrière, sa Stef qui remporte la course chez les féminines en plaçant un super chrono. Mon abandon me parait alors un peu loin tant le plaisir de les voir, mais aussi de les trouver à cette place est grand. Nous échangeons un bon moment et ce seront Julien, Greg et Gilles qui arriveront dans cet ordre. Bravo les gars !!! C’est allé au bout avec de jolis chronos à la clé !

C’est à la fois déçu et triste, mais content d’avoir revu les copains que je reprends la route vers la casa. Quels enseignements en tirer ? Au lendemain de la course je ne sais toujours pas. Après avoir trotté 30km hier, en ce jour, aucune douleur aux jambes, la toux est bien tombée bref un peu d’amertume de ne pas être aller au bout, ce serait surement passé avec un peu plus de volonté, ou pas, et puis en même temps l’arrivée de Franck et Stef reste un délicieux moment que seul l’abandon m’a permis de voir (bah oui vont trop vite).

On ne change rien au calendrier à venir, on continue d’aller de l’avant en attendant un tirage au sort qui ne saurait tarder !

To Be Continued…

Crédit photos : RunningMag et DR

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