Championnat de France de course en montagne

afficheVendredi 27 mai 2016 : 17h15, j’embarque Fabrice, Arthur et Kent, on rejoint Théo, Romain et Kakou et direction l’Ardèche où Marsou et Elo nous attendent. Après un trajet rendu compliqué par la présence d’Arthur (il ne sait pas se tenir !) nous voilà vers les 20h30 arrivé à Privas parés pour disputer dimanche le Championnat de France de course en montagne qui se tiendra à Saint Priest à 4km de là. A 14 jours des 100km du Grand Raid de Camargue, avec leurs 100m de D+, faire un 12km avec 800 de D+, bonne idée ou pas, l’avenir le dira.

Rapidement le camp de base est monté, premier repas en commun avec un temps idéal, tout le monde est décontracté, demain on va reconnaitre une partie du parcours donc c’est no stress. Vers les minuit direction la tente, non sans avoir piégé le duvet d’Arthur qui avec son pyjama étanche ne s’en apercevra même pas. Et donc après une bonne nuit de sommeil nous voici parti pour voir un peu le chantier qui nous attend le lendemain. Histoire de reconnaitre au mieux le parcours nous décidons de partir en reco sur le tracé des cadets, ainsi Théo pourra voir l’intégralité de son parcours et nous en verrons un peu plus de la moitié sans trop se cramer pour la course. Le soleil est de la partie et nous permet d’apprécier les superbes paysages ardéchois. Le début du s’annonce très roulant, mais au bout de 2km ça se Bonifacio, pardon ça se corse. Très vite j’ai la sensation de retrouver un peu le Kilomètre Vertical fait l’an dernier (c’est là) la pente, sur 2 bons kils, est aux environs de 15% parfois moins mais souvent plus, bref on va s’amuser ! Arrivé au sommet après un petit passage sur la crête la descente… bien qu’étroite elle est peu technique au début et après un tiers c’est galet et compagnie, en testant ce passage un peu vite cric-crac la cheville gauche part un peu, heureusement sans vraiment de gravité mais avec tout de même un léger oedème.

campementBon plus de peur que de mal, le mal on sait qu’il va venir nous torpiller les quadris demain, surtout après avoir discuté avec les organisateurs quand ils nous annoncent que la seconde partie du parcours élite est plus raide et plus sélective que la première… Bah on y est maintenant donc va falloir faire avec. Direction maintenant le camp de base, un petit repas pris au soleil, une sieste, une baignade dans la rivière avec ma Zazaw qui est venu en spectatrice cette fois, un autre repas (non mais on fait que bouffer je me rends compte !) et hop hop hop au lit car demain c’est dimanche et demain y a compet ! L’endormissement se fait nickel chrome, mais vers 2 heures du mat une toux grasse me réveille. Non pas la mienne mais celle d’Arthur qui devait surement essayer de perturber ses adversaires. Va vraiment falloir que je trouve une tente avec isolation phonique. D’autant qu’à 3 heures du mat … Badaboum de chez badaboum un orage d’une belle intensité s’abat sur nous. Zawa qui dormait au fond de la tente vient me scotcher, la pluie, les éclairs et le tonnerre tombent dans tous les sens. Non content de ne plus pouvoir dormir à cause du bruit je me mets à penser au parcours, comment les parties terreuses vont absorber ? Et quel va être l’indice de glissosité (cherchez pas ce mot je viens de l’inventer) sur les galets ?

bainAinsi va la nuit, jour, nuit, jour, nuit, font le éclairs … Bim, bam, bim bam fait le tonnerre… Tous-touss fait le MMmm Slimack ! Bref fin de nuit actée à 3h du mat. Autant dire qu’à 7h en se levant la tête n’est pas celle des grands jours. Petite satisfaction toutefois, la pluie semble se faire plus fine, mais bon avec ce qui est tombé pendant la nuit, pas de quoi crâner. Bon on ne va pas se laisser abattre de toute façon, petit dej, douche… Et feu ! Direction St Priest car Théo démarre son 6,8km à 10h, le départ du 12, le notre, sera à 10h45. Comme le disait il y a encore peu de temps la fougère, il va y avoir des spores ! Euh du sport ! D’ailleurs c’est pas la fougère qui l’a dit, alors c’est qui ? Bah on s’en cogne un peu et on revient au récit. Théo entame rapidement son échauffement coaché par son frangin Romain, il a l’air en canne et motivé comme jamais, ça fait plaiz ! Et à 10h le voilà parti, nous nous sommes placés un peu avant son premier kil, il a bien écouté la consigne, il n’est pas parti en mode avion de chasse comme ont pu le faire certains qui par la suite exploseront en plein vol. Au final il conclura sa course à une magnifique 16ème place, mais ça je ne le saurai qu’après ma course. Bravo Théo !

Saint priest

Juste avant d’attaquer l’échauffement qui voilà ? C’est Jérôme, un des membres du Team CimAlp. Ravi de le croiser nous échangeons un peu, mais il est l’heure de faire monter le cardio puis de se placer dans le sas de départ histoire d’éviter un max les bouchons. Et des bouchons il va y en avoir car mis à part 20 dossards élites placés à part devant, derrière c’est plus de 300 gugus qui veulent pour la plupart bien se placer avant le départ. Bon au moins on n’a pas froid, il ne manquait plus qu’à entonner le « Ah qu’est-ce qu’on est serré au fond de cette boîte, Chantent les sardines, chantent les sardines », mais bon personne n’a osé. De mon côté je commence à rentrer dans la course. Bien qu’étant sans enjeu pour moi à seulement 14 jours des 100km de Camargue et n’ayant pas bossé la côte, ça reste un championnat de France et mérite de s’y immerger à 200% !

Et Bim les fauves sont lâchés, après avoir pris un croc je sors les ailes (comprendre je monte un peu les coudes histoire de créer une petite zone de non agression) et avec Kent nous voilà pris dans la meute. Devant Marsou à l’air d’être bien parti, quand à Fab et Arthur, plus prudents, ils se sont mis un peu en retrait. Au bout de 300 mètres je jette un oeil au gps voir s’il s’était bien enclenché, et oups… Nous voilà à 3’30 sur un faux plat montant… Donc on se calme et on continue comme on avait prévu, c’est à dire moins vite, sans quoi je vais être carbonisé avant même d’avoir entamer la vraie bosse. Bon on le passe quand même en 4’02 ce premier kil, autant dire que devant ça n’a pas du rigoler. Deuxième kil, ça monte un peu plus mais c’est pas non plus l’Everest, le peloton s’est un peu étiré, Kent a pris quelques longueur d’avance sur moi, passage en 5’20 », et là bim maintenant c’est là qu’on va voir le maçon… Car je suis au pied du mûr. Yepa !!! C’est parti pour 2km à plus de 15%. Même s’il n’a pas plu depuis 3 bonnes heures, le passage des 2 courses précédentes à un peu ramoné le tracé, mais ça va, bien que par moment glissants, les appuis sont vifs et toniques. Je me courbe, les mains sur les genoux, dépose mes neurones (si si il m’en reste encore) en bord de piste et grimpe du mieux que je peux. Et c’est pas mal, enfin pour moi car en prenant Kent et Arthur comme repère je suis pas si mal que ça.

departDès que la pente se fat moins raide au détour d’un lacet j’essaie de relancer et bien souvent ça passe, comme quoi sans bosser les côtes avec déjà une bonne caisse on limite la casse. Au sommet, voilà Romain qui s’est placé là pour nous encourager, ça fait du bien… Juste derrière j’ai Arthur, et on se lance dans la descente. Habituellement c’est mon exercice de prédilection, mais bien entamé que je suis et anxieux vis à vis de la 2ème côte j’effectue les 2 premiers tiers en mode je me refais la cerise. Avec le recul j’estime que la stratégie à payée, en premier je ne me suis pas fait mal, je ne me suis pas fait doubler et en revanche arrivé sur le 3ème tiers de la descente quand elle se fait plus large et bien que par moment plane et vallonnée, le kil a été tourné en 3’45 et là j’en ai remonté quelques uns. D’ailleurs jetant un oeil en arrière ça a sacrément écrémé.

sommetPsychologiquement je prend du bonus et notamment pour la Camargue, arriver à relancer comme ça sur cette partie après une ascension qui m’a bien scié les pâtes… Bah suis content et c’est de bonne augure pour la suite. Mais la suite immédiate, chemin faisant, ben la voilà qui arrive, un gros kil à plus de 20% avec des appuis glissants, et bien sur pas de bâtons ! Je n’irai pas jusqu’à dire que je l’ai bien monté, mais je ne me suis fait doubler qu’une à deux fois sur cette portion. Arrivé en haut, un aiguilleur m’annonce « 4km de descente maintenant », même si j’avais vu la bosse des 500 mètres avant la ligne d’arrivée je sais que c’est tout bon maintenant. Comme sur la première boucle je reste très vigilant sur la partie descendante la plus technique et lâche les watts quand la piste se fait plus large et moins caillouteuse. Je reprend là encore quelques concurrents, et décide de me mettre vraiment dans le dur sur les parties les plus roulantes. Le cardio monte, le souffle se fait plus court et plus rapide, malgré la pluie qui s’est mise à tomber depuis 10 minutes je monte en température mais ça passe, plus que 500 mètres ! J’entends des cloches… La messe ? Non des spectateurs postés en haut de la dernière difficulté qui malgré là pluie sont là pour nous relancer. Je n’ose pas me retourner et du coup jette mes forces dans cette dernière ascension, interdit que l’on me double, et le type devant moi je vais aller le chercher ! On est en championnat, là c’est de la compet et l’instinct du vieux sprinter que je suis ressurgit.

passerelleMe voilà proche du haut de la bosse, derrière ça n’a pas l’air de revenir, j’y suis il me reste 300 mètres de descente, devant il semble caler, je mets un coup de turbo, revient à son niveau rallonge encore la foulée en diminuant au max mon temps d’appui au sol, ça passe ! et ouf … La ligne franchie en 1h27… Bon en place ça ne donne que la 204ème place mais je l’ai ardemment défendue et elle me va comme un gant cette place. Côté groupe, Marsou se pose à la 76ème position, Kent 169ème, Arthur 211ème et Fabrice 221ème ! Contrat rempli et mission accomplie pour tous ! On peut rentrer à la base… Bon la base enfin le camp de base est toujours tout trempé, mais avant de le démonter… Y a récup !!!! donc s’en suivra une belle hydratation à base de houblon et un super repas.

Merci aux organisateurs et à tous les bénévoles, vous nous avez choyé !

De mon côté, bien que non indiqué pour le grand raid de Camargue, cette course ramène encore de l’optimisme dans la musette. La forme est là, j’ai vu que même cramé la tête était là, que j’arrivai à me mettre en stand by quand il le fallait et à lacher les chevaux à d’autres moment. Et puis j’aurai travaillé les variations de rythmes propres à la Camargue causées par les passages dans le sable. Bah le prochain récit ce sera celui là puique nous voilà à J-12 !

To Be Continued …

photo fin

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