Mes vestes, le Tor et moi

Tu comptes les chances qu’il te reste, un peu de son parfum sur ta veste…

Et non désolé pour ceux qui attendent, mais il ne s’agit pas de mon CR autour de cette magnifique course que fut le Tor des géants 2018. Ce sera plus long, beaucoup plus long…

En revanche, un peu pour vous faire patienter, mais surtout pour vous faire part de ma modeste expérience, j’avais envie de vous parler de mes vestes. Autant cette année la météo a été clémente, contrairement à certaines éditions passées, autant la montagne et même la haute montagne, qui plus est au mois de septembre, vous oblige à être prévoyant. Le Tor ça se prépare et les vêtements ont une grande part dans la réussite ou les défaillances d’une telle épreuve.

Parti pour 350km et leurs 31000m de D+, il vaut mieux être bien équipé. De ce côté là, membre de la Team Trail CimAlp pour la 3ème année, je n’avais aucun doute quand à la qualité du matos. Testées et éprouvées, mes vestes allaient faire le job, j’en étais sur. Me voilà donc en route avec 3 types de veste !

Et qu’importe le temps et qu’importe le vent. Et j’avance en titubant oui j’avance en titubant…

La Blizzard

Règle N°1 : Dès que le jour baissera, ta Blizzard tu enfileras

L’alliée de mes fins de journée c’est elle. Cette veste thermique, à la fois extensible, isolante et respirante fut sortie de mon camel dès que le soleil jouait à cache cache derrière les hauts sommets de la vallée d’Aoste. La météo avait beau être au top la journée, parfois même un peu trop chaude, en fin d’après midi nous avions droit à un petit coup de frais que les mouvements répétés ne pouvaient endiguer.

Du coup de 18 heures au petit matin la blizzard me faisait une double peau forte agréable. Toujours sèche à l’intérieur et conservant bien la chaleur, seule ou avec une autre veste par dessus, notamment quand la pluie ou le vent étaient de la partie, elle m’a permis de passer nombre de cols à plus de 2800m dans le plus grand confort.

La Jorasse

Règle N°2 : Quand la fatigue pointe le bout de son nez, la Jorasse va te transporter

Patrick, déjà finisher du Tor, m’avait mis en garde : « Pour la fin du Tor, prévois une tenue un peu plus chaude, avec la fatigue la sensation de froid est démultipliée ». C’est donc grâce à lui que j’avais rangé ma Jorasse dans le sac d’assistance et lors de mon passage sur la dernière base de vie à Ollemont j’ai opéré un troc entre ma Blizzard et elle au sein de mon camel. J’ai d’ailleurs doublement bien fait de l’écouter car la température à soudainement baissée, laissant apparaitre à la nuit tombée les premières traces de givres.

Fatigue donc, gel, vent et pour couronner le tout un passage à Malatra à près de 3000m d’altitude qui se fera au levé du jour, à une heure où la température est quasiment au plus bas. Couplée à son masque de protection anti-froid elle a été la parfaite alliée de cette dernière ascension tout d’abord aux premières loges des agressions climatiques puis secondée, lorsque le vent c’est levé, par le nouveau must de CimAlp que vous allez découvrir ci-dessous.

La Storm Pro

Règle N°3 : Entre pluie et vent glacé, enfile la Storm Pro et te voilà rassuré

En préparant mes affaires, j’avais pris mes trois vestes étanches Storm. Déjà éprouvées sur de nombreux entrainements, mais aussi toute une nuit sous la pluie fine pyrénéenne lors de L’ultra-Pirineu en 2016 (c’est là) là encore elles allaient être à la hauteur. C’était sans compter, durant mon voyage aller, sur une visite dans les locaux de CimAlp à Valence qui me vit repartir avec la dernière nouveauté (non commercialisée encore à ce moment là) la Storm Pro et ses 3 couches offrant une protection à 20’000mm d’eau. Autant dire que les Storm première génération ont filé dans le sac assistance et que cette dernière s’est glissée dans mon camel pour ne plus le quitter. Il est vrai que les 4 premières nuits (et oui il y en a eu 6 au total) ont été en terme de météo très agréable. Cependant durant ces dernières, sur le coup de une ou deux heures du matin, la Storm Pro quittait mon Camel pour seconder la Blizzard histoire de me couper parfaitement du vent frais qui soufflait alors couplé qu’il était à l’humidité montagnarde.

Le 5ème jour et la 5ème nuit, la pluie s’est invitée sur le Tor. Un test grandeur nature se présentait alors, et ce, sur un grand fond de fatigue. Malgré les efforts, la respirabilité de la veste fut à toute épreuve, et côté étanchéité un must, la pluie perlait sur elle sans jamais la traverser. Après plusieurs heures sous une pluie parfois fine, parfois plus soutenue, l’intérieur est resté sec et surtout très confortable. Quand à sa visière intégrée, fini les yeux mouillés ! Petit détail certes, mais quand on est porteur de lentilles comme je le suis, c’est d’une très grande importance.

La 6ème nuit, comme je le relatais plus haut, fut froide et même glacée. Dès que le vent fit son apparition elle est venue se positionner au dessus de la Jorasse. Alors là, plus rien ne passe ! Le cocktail, fatigue, vent et gel n’aura pas eu raison de nous. Bien à l’abri sous ma capuche, cette dernière suit parfaitement les mouvements de ma tête ce qui ne gène en rien le faisceau de la frontale. Par ailleurs quand le vent tombe et que la capuche perd de sa raison d’être, un ingénieux système d’aimant vient la maintenir fixe à l’aplomb de ma colonne. Ce sont ces petits riens qui font des gros plus et qui aident grandement au succès d’une telle épreuve.

Plus d’infos sur la Blizzard : C’est là, sur la Jorasse : C’est ici et sur la Storm Pro : Bah c’est là !

Et grâce à ces trois vestes, devinez quoi ? J’ai gagné une autre belle veste, plus d’apparat celle-ci, mais qui signifie tellement après 145 heures de course !

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