UTMC – Ultra Tour de la Motte-Chalancon en version solo

afficheVendredi 22 juillet 2016 : Matinée au boulot, repas pris sur le pouce, voiture chargée, les 3 fantastiques (comprendre les 3 toutous) dans la voiture, Isa prête, non pas tout à fait, j’ai oublié un truc à la maison, Isa prête, attend j’ai pas pris ça, Isa prête, non pas tout à fait me faut revenir prendre une bouteille d’eau, Isa prête et go ! Direction la Drôme et plus précisément le charmant village de la Motte-Chalancon afin de participer à l’UTMC, un nouvel ultra de 86km avec 4500 de D+, dont CimAlp est partenaire. Bon à la base on en avait pour un peu moins de 4 heures de route, mais bouchons-faisants, c’est en 4h40 et des brouettes que nous arrivons à bon port.

Sur place en premier lieu c’est camping « Le Village » où un super accueil nous a été réservé, installation de la meute, montage de tente, et direction le retrait des dossards. Là encore l’accueil est à la hauteur de la tâche qui m’attend le lendemain, un concentré de bonne humeur et de gentillesse de la part de toute l’équipe de bénévoles, tout le village s’est mobilisé autour de cette course et ça se ressent. On essaie de pas trop trainer quand même car le départ a lieu à 4 heures du matin ! Mais aïe rien que de l’écrire ça pique ! Pendant notre repas Guillaume, vient nous saluer et ce malgré les préparatifs de dernière minute. Feu au lit ! Enfin ça c’est en théorie. Comment dire au lit on y est, mais bon la toile de tente bénéficiant d’une isolation acoustique de bisounours, les chuchotements et autres bruits de la nuit nous ont tenu éveillés jusqu’à 2h25… 2h25 ça tombe bien, c’est l’heure de se lever… Résultat sommeil 0 minute. Bon allez on a vu pire, mode prépa activé !

departLa météo a l’air correcte, il y a quelques jours ils annonçaient un départ pluvieux, mais là non il fait même un peu lourd compte tenu de l’heure tardive, ou matinale plutôt, du coup j’enfile mon short de trail 3D-FLEX pour le bas, et pour le haut le Tee-Shirt 3D-FLEX SPRINT, le sac Grivel sur le dos et bien garni, les bâtons check (ben oui ça va monter un peu quand même, quand j’y pense 4500D+ ça fait juste la hauteur du Mont Blanc en partant du niveau de la mer, dis comme ça, ça en jette hein ? j’en étais où moi, ah oui, mais d’abord il faut refermer la parenthèse). La frontale, le sac qu’Isa me portera sur deux points d’assistance check aussi… Ecoutez, je crois que j’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir, j’ai fait le maximum, à ce niveau là où on en est je crois qu’on peut dire à la grâce de Dieu et… les baskets ? bye bye les tongs, à ce soir ! Go je rejoins Jérôme l’un des potos de la TeamCimAlp direction l’aire de départ accompagnée d’Isa (je n’ai pas osé réveiller les toutous avant de partir). Sur place, ça s’agite, le village est transformé, en pleine nuit ça grouille, une lumière surnaturelle baigne la petite place de la Motte, des frontales surgissent d’un peu partout, ça discute, ça trottine, bref on est à quelques minutes du départ et chacun essaie un peu d’aborder à sa façon ces derniers instants avant d’entrer dans le grand bain.

Pour ma part je traque un peu, pour ce qui est de la distance, le Grand Raid de Camargue et ses 100km parcourus il y a 6 semaines m’ont donné confiance, donc 86km je sais que je peux faire. En revanche là il y a de la bosse de la bonne bosse et ça je ne connais pas. Donc si je conjugue distance et d+ c’est rendez vous en terre inconnue… Une idée ça de concept Rendez vous en terre inconnue à la Motte… La Motte-Chalancon bien sur ! Tic-tac, tic-tac, plus que quelques minutes, Guillaume nous briefe ! Un bisou à Isa… J’essaie de faire le vide, oublier que je n’ai pas dormi, ne pas penser au matos, ça va le faire, on est bien là, penser à la seconde présente, ne pas s’inquiéter… Tic-tac tic-tac… On s’encourage tous une dernière fois et FEU !!!!

C’est parti mon kiki ! 100 mètres de parcourus, et Isa s’éloigne déjà après un petit signe de la main, ça y est l’UTMC est lancé, Y a pû qu’à filer dré dans l’pentu mon gars ! Mais bon en premier lieu en traversant La Motte (fallait bien que je la fasse celle là), parée pour l’occasion de fumigènes, je me rend vite compte qu’il faut se calmer, c’est parti fort, donc il est urgent de lever le pied. 500 mètres plus tard nous sortons du village, et c’est là qu’un pincement te viens, certes la petite boule au ventre est partie, comme libérée par le départ, mais elle laisse la place à des incertitudes. Et là heureusement la première bosse arrive et tu t’y mets, ça y est je suis dans ma course. je commute l’enregistreur d’images dans ma tête histoire de me fabriquer mes souvenirs et c’est le pied, juste du plaisir d’être là.

brouillardC’est pas coton quand même c’est première difficulté, 3,5km pour 500 de D+. Je règle les bâtons, position côte et je tape tape tape !!! Mais non à peine les premiers cliquetis des bâtons au sol que la « chanson » des Début de soirée me vient à la tête (pourquoi me demandez pas) et ne veut pas en partir ! Bah ça démarre fort !! Ce rythme qui t’entraîne jusqu’au bout de la nuit. Réveille en toi le tourbillon d’un vent de folie. Mais bizarrement j’ai un tempo dans la montée au top, je remonte sur certains ne me fais quasiment pas doubler. Par moment je m’inquiète un peu, après tout on en n’est qu’au tout début. J’en viens même à me poser « La » question existentielle par excellence : « Ne me suis-je pas enflammé le pissou ? ». Cela dit je n’arrive pas à avancer autrement. Un moment sortant du sous bois je me retourne et me rend compte que je suis largement dans un premier tiers de la course tant les « lucioles » sont nombreuses dans la pente derrière. Sois humble petit scarabée ! Tu n’as jamais fait autant de côtes sur aussi long, mais rien n’y fait le rythme est pris. Malgré l’heure il fait assez chaud, notamment sur les phases de sous bois. Là aussi je prend un rythme d’hydratation régulier, toutes les 5 à 10 minutes une gorgée ou deux. La route est longue.

frontaleLe 5ème kil marque la fin de cette première bosse, plus que 81 kil je me dis, comme à l’entrainement je me fais le décompte et ce n’est pas pour me décourager. J’entame alors la descente vers Chalancon en mode pépère, le sentier n’est pas très rocailleux et avec la frontale en mode plein phare je récupère tranquillou. Difficile de se repérer par rapport au tracé que j’ai en tête, avec la nuit il m’est difficile de me projeter. A l’entrée de Chalancon, des bénévoles et des spectateurs sont là malgré l’heure, terrible ! Une petite portion de route en faux plat montant, autour j’entend de l’eau, nous sommes comme dans des gorges, difficile à dire. Je lève la tête et aperçois des frontales, non de diou ! ils sont hauts et quasiment à ma hauteur. A la faveur d’un virage, un sentier s’élève, d’abord gentiment puis direct dans la pente et c’est parti pour 1 kil à 35%. J’essaie d’imprimer un certain rythme histoire de ne pas m’endormir et les tendons d’Achille chauffent un peu, mais ça passe, les montées enchaînées le weekend précédent sur les pentes de Puyvalador ont eu un sacré effet.

nuitJe n’en voyais jamais la fin de ce mur, aucun repaire pour savoir quand la pente allait se calmer et puis enfin une crête, montante certes, mais dégagée et … Oups là on est pas loin de ce qui ressemble à une falaise, écartons nous sur la gauche un peu. Soudain le brouillard tombe et se fait de plus en plus épais. Malgré un balisage au top, ma frontale se met en mode réverbération et je dois fréquemment chercher mes directions tout en restant à distance respectable du bord qui m’a l’air bien à pic. J’entends alors quelques injures, pas à mon encontre non, mais la personne devant moi se plante elle aussi régulièrement et du coup de se met à jurer. Ma frontale étant un poil plus aiguisée que la sienne je prend les devant, l’encourage, et nous nous élançons de concert vers le sommet de cette crête. Mais au bout de quelques minutes il disparait derrière peu à peu au même moment où le jour se met à pointer le bout de son nez. Satané brouillard d’ailleurs, je pense qu’il nous a fait rater une vue superbe avec un lever de soleil. Mais voici qu’il se lève peu à peu juste assez pour me laisser apercevoir le premier ravito ! Bim 14km dans la musette. 2 coureurs étaient déjà présents, s’en greffent 3 autres. Je profite d’une chaise pour m’assoir et enlever 2 petits cailloux qui ont eu l’outrecuidance de venir s’intercaler entre chaussette et semelle, discute un peu avec les bénévoles, prend une banane et fidèle à la stratégie Camarguaise repars en marchant en dégustant la banane. Il y a maintenant 2 heures que je suis en piste, et je pointe à la 27ème position à ce moment là, mais ça je ne le sais pas encore. Je reprend la course au bénéfice d’un faux plat montant, nous sommes un petit groupe de 4 ou 5 regroupé sur une 50aine de mètres. Arrive alors un pick-up, c’est Guillaume qui vient fermer à la rubalise une portion qui pouvaient prêter à confusion si on arrivait à 100km/h, ce qui n’était pas mon cas ! Et c’est sous ses encouragements que j’amorce une descente en pente douce qui fait du bien et sur laquelle, tout en essayant de ne pas perdre de jus, je prend un certain plaisir à la dévaler.

arreteMine de rien moi qui adore les singles, la piste empruntée à ce moment là me permet de recharger les accus. Un peu de plat, de faux plat montant ou descendant, des virages et au détour de l’un deux, surprise, une biche traverse la piste en mode Mac-Missile (voir Cars si vous ne comprenez pas), ça a beau avoir duré une fraction de seconde, le magnéto me repasse encore cette image en boucle en ce moment, tels les flamants Camarguais cette biche restera gravée dans ma mémoire. A présent nous quittons la piste, un petit coup de cul de près d’un kilomètre et Ouf !! Passage magnifique sur une crête (celle de la photo). La bestiole doit faire 2 mètres de large et s’étend sur une centaine de mètres. La vue est splendide, et bien que regardant où je pose pieds et bâtons, j’en prend plein les yeux. La sensation d’être le roi du monde, un peu comme le Roi Lion au début si vous vous souvenez d’ailleurs. Le vent apporte avec lui les senteurs provençales, une odeur de thym ou quelque chose y ressemblant met à cet instant la touche finale du tableau. Manquait plus que les bartavelles ! J’amorce alors la descente et Ouch ! J’ai une pensée pour Marsou, lui qui aime les descentes bien pourries, comprendre dans notre jargon hyper-technique, il aurait été servi. Je suis perpétuellement sur le frein à main, tel le bigorneau descendant les escaliers du clocher de notre Dame de Paris, j’arrive à nouveau sur de la piste, et mes jambes l’en remercient de la voir arriver.

charceLa piste descendante alterne a de la piste montante, mais c’est doux, je sais que dans environ 5km je vais voir Isa à la Charce. Côté forme impec, bon les tendons tirent un peu par moment mais bon rien de ben méchant. Et chemin faisant voici que le château de la Charce se profile, puis le village et enfin j’aperçois Isa. Elle est venue à ma rencontre et immortalise tout ça en vidéo. Hop le ravito sous les félicitations des bénévoles, Bim 35km dans le nourrain ! Isa me tend alors mon sac d’assistance, je me masse un peu à l’arnica, plus en préventif, bois du coca, elle me fait le plein des gourdes, et hop elle me houspille un peu pour repartir et du coup je me dépêche tant et si bien que j’allais partir sans ma traditionnelle banane. Et donc après un petit faux départ c’est sous les encouragements des bénévoles et accompagné d’Isa que je repars tout en dégustant ma banane en marchant. Cela fait 4h33 que je suis parti et j’ai repris 5 places au classement, mais ça je ne le sais pas, je pointe donc à la 22ème position à cet instant.

charceAu bout d’une centaine de mètres, Isa me dit faudrait recourir là non ? Alors je recours et la laisse à La Charce, je la retrouverai dans 31km maintenant et ils ne vont pas des plus simples… ah ah suspens ! Mais pour l’instant tout va très bien, mes pensées voguent vers Matthis et Marin qui vont aller à la mer, au groupe d’athlé, Kent et Arthur font le Trail de la dent d’Orlu le lendemain… Bref ce n’est pas vogue la galère mais plutôt tout est bien dans le meilleur des mondes. Petit bémol, bien qu’étant proche d’un cours d’eau il commence à faire chaud et au détour d’un hameau j’entrevois un lavoir, je passe alors la tête sous l’eau et les idées redeviennent claire. C’est là que la tête encore sous l’eau j’entend un petit garçon d’environ 6 ou 7 ans qui me lance un « allez monsieur c’est super faut rien lâcher » Ses yeux sont pleins d’étincelles et même si je n’ai pas l’impression de casser 3 pattes à un canard, j’ai en même temps la sensation d’être un super héros. Je lui fait un check et lui demande s’il veut courir jusqu’en haut de la petite côte où se trouvent ses grands parents, tout content il me fait faire une 40aine de mètres quasi au sprint et il est ravi, là encore une mini tranche de vie difficilement descriptible mais qui est dans la boîte à image. Je baisse sensiblement le tempo en les remerciant à tous pour leurs encouragements et file sur une sentier.

pierreD’abord la pente est douce et le ciel, lui, commence à se couvrir, par moment je sens même des gouttes. Je reprend un traileur un peu en perdition, lui demande si ça va, il me dit qu’il a un coup de moins bien mais que ça va passer. Et quand la pente se fait plus raide, j’imprime le rythme qui me va si bien depuis le début, plantage des deux bâtons en simultané et go on grimpe ! L’hygrométrie est forte à cet instant retenue qu’elle l’est par le sous bois et j’augmente ma fréquence d’hydratation tant je transpire à la mode goret. Un peu avant le 45ème je rejoins un groupe de 3 coureurs, dont Martial, avec qui j’ai déjà échangé précédemment, à ce moment là c’est sympa d’être en groupe car je commençait un peu à faire du calcaire, ne serait ce que d’entendre parler me fait oublier le pourcentage de la pente. C’est ainsi que chemin faisant nous arrivons à quelques mètres d’écart au point d’eau situé au 45ème kil aux Marsols. Je refais les niveaux et ne m’attarde pas car il y a un ravito complet 5km plus loin. C’est un peu éparpillé que nous repartons en direction du col de la Fromagère. Un peu de répis sur une descente facile de 2km puis on revient aux affaires et une belle bosse me mène au ravito. Il y a là un peu plus de coureurs, ce qui veut dire que j’en ai remonté, mais pendant que je refais les niveaux et me goinfre d’un super saucisson qui passait par là de nouvelles têtes apparaissent, ce qui veux dire que je me fais remonter. Mais la place on s’en moque, en fait cela me sert un peu de repère. 50 kilomètres de fait. Bilan pour l’instant les jambes sont au taquet et seuls les tendons se font par moment sensibles.

Allez on repart à l’assaut d’un sous bois, après un coup d’oeil au profil, je me dis que le plus dur est fait. Quand je repense à ça, je me dis que je ne sais pas lire un profil et surtout que je n’imaginais pas la topographie et la nature du sol. Dans le sous bois la pente est raide et plus j’avance plus l’angle augmente, d’un coup je lève la tête et là un mur, j’ai beau me mettre dans le même état d’esprit que sur les autres murs celui ci est plus joueur, les appuis sont moins stables et l’angle n’en parlons pas, tel le nain devant l’urinoir, les organisateurs ont mis la barre très haute ! J’y laisse des plumes dans cette grimpette. Mais en sortant de là après avoir escaladé quelques roches Wahouuuu !

creteDevant moi une ligne de crête impressionnante, d’un coté une pente douce un peu comme un plateau légèrement incliné amène à une vue dominante sur toute une vallée et de l’autre, une falaise perchée à 1500 mètres surplombe un panorama qui te coupe le peu de souffle qui te reste. C’est magnifique ! Je repars, mais oups, mes tendons d’Achille sont restés dans la montée, j’ai une pause de pieds très douloureuse. Il y a maintenant 7 heures que je cours je me cale le Mp3 jette un coup d’oeil à la tache qui m’attend, 2km de crêtes à travers herbes et cailloux sous la chaleur. Tout le long je devrais veiller où je pose mes pieds car la moindre torsion m’envoie des décharges dans les tendons d’Achille. Par bonheur la playlist est heureuse, mais le temps m’a semblé long, en même temps je crois que j’ai bien mis 2 heures pour faire 8km.

pierreEnfin la crête est terminé, je dis enfin car j’étais dans le dur, mais encore une fois quel paysage ! Arrive alors la descente… Mode cauchemar activé ! Bien sur les tendons ne vont pas mieux, mais en plus me voilà sur un single en dévers qui a du être ouvert à la machette (encore une fois excellent boulot de la part de l’orga qui a sorti un tracé de nulle part). Je n’arrive pas à savourer simplement parce que mes appuis sont très douloureux, l’alternance avec les nombreux pierriers ne fait que relancer les décharges. Et puis aux bas des aiguilles, à la faveur d’un ravito liquide, le chemin se fait plus doux. 58 km de fait ! Bim allez faut y aller. Et lentement j’aborde la descente, tiens revoilà Martial, on taille un bout de descente ensemble mais mon rythme de playmobil lui fait prendre peu à peu le large. Un superbe single sous les chênes et s’amorce une longue descente vers Rémuzat, lieu du prochain ravito où m’attend Isa. J’ai viré mon Mp3 qui m’aura été très utile pendant ces deux dernières heures mais là j’ai besoin de calme. J’essaie de couler au mieux mes appuis mais ça reste sensible. Tout à coup une goutte, puis deux, puis Boum ! un coup de tonnerre… J’essaie de me faire tout petit à ce moment là je crois. Me voilà dans une gorge et d’un coup le déluge, j’ai même cru voir passer Noé et son arche à moment donné. Les belles plantes ça s’arrosent ok, mais là les gouttes me trempent jusqu’aux os, et les coups de tonnerre rebondissent contre les parois de la gorge dans laquelle je me trouve. C’est en mode warrior, pas trop rassuré quand même, que j’aperçois Rémuzat, et au milieu d’une rue, un parapluie et magique il ne tient pas tout seul, c’est Isa qui est dessous, toute seule, sous le déluge, au milieu de nulle part. Le moral remonte d’un coup et c’est sous la clameur des bénévoles que j’entre au point de ravito en les remerciant sincèrement. La course est pour l’instant neutralisée à cause de l’orage, mais peut importe j’avais prévu de marquer une pause à Rémuzat. J’en profite du coup pour enfiler le T-shirt de trail 3D-Flex PERFECT et le simple fait me me mettre au sec me fait gagner 5 points dans le mode récup ! A cet instant 9h41 de course et 26ème position…

remuzatEnviron une vingtaine de minutes après mon arrivée, les fauves sont lâchés, les organisateurs jugeant la sécurité des coureurs correcte, nous laisse partir à l’assaut des 21 derniers kilomètres et quels kilomètres ! Au ravito j’ai retrouvé Martial, nous repartons à la marche accompagnés d’Isa, le fait d’être resté statique un moment, j’ai du mal à relancer la machine, mais tout en mangeant mon saucisson fromage enrobé de jambon, je me refais la cerise. Isa nous abandonne et nous partons à l’assaut de la dernière portion. Au début, ça va, un sentier en bord de rivière qui s’élève peu à peu, mais d’un coup, le mur. Sans oublier que contrairement à ce que montre photos qui sont d’illustration, il pleut toujours et me voilà en train de grimper à l’échelle, bâtons en main, passer sous une « cascade » qui s’est formée suite à l’orage, grimper la roche sur une via ferrata, bref le parfait parcours du combattant version j’ai quand même 68 km dans les guiboles. Bref 200mD+ en 500 mètres, une bricole ! Mais là encore c’est juste superbe avec des passages dans la roche et des vues à donner le vertige. Je suis quand même pas mal dans le dur et la suite n’est pas coton du tout !

passageArrivé à la croix, un point d’eau, tout en refaisant les niveaux j’échange avec les bénévoles qui eux aussi ont affronté pluie, orage et vent. Là ils me montrent le point haut de la crête vers lequel je dois aller avant d’espérer pouvoir redescendre. Je prend un petit coup au moral, mais allez, un sourire et je repars à l’assaut de la crête survolée à cet instant par des vautours, c’est rassurant non ? Au loin j’aperçois Martial qui a pris une bonne avance. La vue est certes magnifique mais j’ai plus souvent les yeux rivés vers le sol à cause des pierres qui émaillent le single. A un moment mon pied gauche vient se coincer entre deux roches saillantes j’ai mal, j’ai également peur d’avoir déchiré les chaussures mais non ça a tenu c’est du solide. J’essaie de reprendre la course dès que je le peux mais c’est à coup de saut de puce.

via ferrataComme dis le dicton, tout vient à point à qui sait attendre, bon je ne me suis pas non plus assis sur une pierre à laisser le bout de la crête venir à moi, non ! Mais faisant preuve de patience, à mon tempo, j’en suis venu à bout et là, trompette !!! Non mais pour de bon trompette, c’est quoi ça… J’entame la descente sur « Le Lion est mort ce soir » et ne vois rien, puis la vue se dégage et à l’autre bout d’un champ de lavande un soliste à la trompette nous attendait sur un point d’eau, génial ! Au ravito je retrouve Martial, nous repartons ensemble, par moment il me distance, à d’autres je passe devant mais nous restons relativement proche et échangeons un peu parfois malgré une certaine lassitude qui commence à nous gagner. Heureusement il ne pleut plus car certaines parties sont devenues très glissantes et avec 76km dans le cornet les réflexes sont diminués. 76km c’est le ravito solide dans le joli village de Léoux. L’accueil là encore est très chaleureux, encore merci à vous pour votre bienveillance les bénévoles c’est si rare, on se pose un peu on refait le plein et, en compagnie de Martial et un autre coureur arrivé quelques instants après nous, c’est direction La Motte-Chalancon et oui plus que 10km !!!

croixUne large portion de piste nous permets de récupérer soit à la marche quand nous sommes en côtes, parfois en courant dans les descentes, car les descentes recommencent à me taper dans les tendons. D’ailleurs je dois laisser filer mes compagnons d’échappée tant il me fallait réduire ma foulée à sa plus stricte limite. Mais petit à petit je reviens et nous nous retrouvons avant d’attaquer le dernier morceau. Nous voici au dessus du plan d’eau du pas des ondes. Alors OK la vue est belle, mais que le chemin est piégeur. De la bonne caillasse qui glisse avec l’humidité. Du coup Martial et moi nous avons eu le temps de l’avoir en ligne de mire ce lac ! Que ce fut long, mais beau, mais long !! Et une fois de plus avec beaucoup de phases de marche, nous y voilà. Il nous reste quoi 5 kils environ… Les phases de courses sont dures à faire revenir nous avons du mal à les mettre en place et ce malgré nos encouragements réciproques. Nous savons maintenant que nous allons terminer ensemble, et c’est bien sympa de pouvoir en conclure ainsi. Moi qui d’habitude suis plutôt du genre solo sur les courses, ce coup ci je suis content d’être accompagné. Soudain à 1 kilomètre de l’arrivée, une sirène, du bruit, des casseroles qui se heurtent, c’est le responsable du camping présent au passage de la rivière qui donne à cette fin de parcours une ambiance tour de France. Le sourire est là je sais que l’écurie est proche, un tour de village, 1 kilomètre et ça en sera fini. Nous nous calons sur un petit trot qu’il nous faudra stopper au passage d’un escalier.

finishL’escalier est passé, Bim !!! Bam !!! Boum !!! à 200 mètres l’arrivée, Isa, du monde, le speaker, tout ça se bouscule et de concert nous passons la ligne d’arrivée. Je me refais en deux deux le film de ma journée, je n’ai pas vu le temps passé au final même si sur des portions ce n’est pas le cas à cause des tendons (tiens d’ailleurs c’est passé complètement maintenant), dans sa globalité la journée est passée comme une lettre à la poste, non là l’image n’est plus bonne, comme un colis via UPS alors c’est plus juste. On se congratule et nous nous dirigeons vers le buffet en mode saucisson/glouton. Parti à 4 heures du matin il est maintenant 18h25 ! J’ai vaincu le géant de l’UTMC en 14h25′ et j’ai pris la 31ème position… J’ai du mal à le réaliser, sans fausse modestie, et même si je suis conscient que je n’ai pas découvert le vaccin contre la rage, je ne m’attendais pas à passer la course en moins de 15h30 et mieux sans courbature, ni bobo, à part une ampoule et un ongle sensible. Cerise sur le gâteau, j’apprend que Jérôme a conclu sur la boîte à la 2ème place, superbe perf et excellente représentation du Team CimAlp !

Direction le campement, car ce n’est pas tout, Isa n’a elle non plus pas dormi, elle a fait du statique à m’attendre de longs moments sur les ravitos, et demain elle aussi elle a trail, car inscrite sur le 13km, le Trail de la Croix. Quelques binouzes récup, du riz, des chips, bref un peu tout ce qui me tombe dans les mains, et feu au lit ! Entre temps Isa a eu la bonne idée de prendre des boules quies, bien lui en a pris 5′ plus tard plus personnes… On avait sombré.

D’ailleurs il faut croire que la nuit lui a profité, car le lendemain, à 1 kil de l’arrivée, c’est elle qui arrive à la première place chez les filles mais aussi à la 11ème place au scratch. J’en profite pour trotter à ses côtés pendant 2 minutes en la filmant (et oui pas de douleurs je vous dis) et c’est son arrivé, plein de fierté je lance à Guillaume, « c’est Isa qui a gagné » et m’empresse d’aller la féliciter. Top !!! Grand chelem pour nous ce weekend puisque de mon côté j’en prend plein la vue sans douleurs et dans un temps que je n’osai espérer et le lendemain la victoire d’Isa qui en plus à savouré toute sa course… What Else ?

Un grand merci et un grand bravo à Guillaume et toute son équipe, et longue vie à l’UTMC…

Pour nous maintenant dans 15 jours place au Trophée des Montagnes, 9 jours et 10 courses à crapahuter le massif de l’Oisans avec les toutous, que du bonheur à venir.

To Be Continued …

Crédits photos : DR et UTMC

crete

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